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Insécurité effective, sentiment d’insécurité, perceptions négatives plus fortes chez certaines catégories de personnes et notamment celles qui ont déjà été victimes d’un délit ... Comment appréhender et tenir compte de la peur du crime éprouvée par des citoyens dans leurs relations quotidiennes et dans la gestion de leur quartier ?

 

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Diverses théories et courants s’offrent à nous. Sans doute de précieux jalons pour nous aider à aiguiller les politiques de proximité et de sécurité en tenant mieux compte des caractéristiques socio-économiques de nos citoyens ainsi que de leurs perceptions sur l’insécurité.

Bref tour d’horizon des principales approches.  



L’approche anglosaxonne


Elle analyse la peur du crime en portant un intérêt aux aspects émotionnel, cognitif et comportemental des individus. Cette approche montre la complexité du sujet.


Au niveau émotionnel, elle met l’accent sur la peur qu’un individu peut ressentir à la suite de la délinquance ou à la possibilité de devenir une victime.


L’évaluation d’une situation au niveau cognitif est très subjective et dépendra de l’âge, du genre, du contexte socio-économique. Il a été démontré que les femmes, les personnes âgées, défavorisées ou présentant un handicap se sentent moins en sécurité dans leur quartier.


Au niveau comportemental, la peur du crime pousse habituellement les personnes à réagir de deux manières face à un risque.

  • https://www.secunews.be/templates/jm-hot-news-ef4/images/li.png); background-origin: padding-box; background-position-x: left; background-position-y: 7px; background-repeat: no-repeat; background-size: auto; color: rgb(53, 53, 53); line-height: 22.1px; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 18px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;">La protection : toutes les actions qui limitent la réalisation du risque peuvent aider à augmenter le sentiment de sécurité : c’est le cas des nombreuses formes de techno-prévention actuelles comme l’installation d’une alarme, d’un détecteur de mouvement aux entrées des habitations, … 

  • https://www.secunews.be/templates/jm-hot-news-ef4/images/li.png); background-origin: padding-box; background-position-x: left; background-position-y: 7px; background-repeat: no-repeat; background-size: auto; color: rgb(53, 53, 53); line-height: 22.1px; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; margin-right: 0px; margin-top: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 18px; padding-right: 0px; padding-top: 0px;">L’évitement : on décide d’éviter a priori les situations jugées risquées. Par exemple ne pas se rendre dans un endroit jugé dangereux, ne pas sortir à certaines heures ou encore déménager pour un autre quartier jugé plus sécure.



L’approche française


La recherche française tend plutôt à considérer le sentiment d’insécurité comme un phénomène social.


Dans cette approche, la peur est davantage concrète. Elle est directement liée au risque d’être victime d’un fait. L’aspect émotionnel et subjectif interviennent moins à ce niveau.

Par contre, la confiance dans le système sécuritaire (institutions publiques, action de la police) dépendra d’un individu à l’autre en fonction de son niveau économique, d’éducation, …

 


Théorie de la désorganisation sociale et incivilités


La désorganisation sociale est définie comme « l’incapacité d’un quartier à réaliser les objectifs communs de ses résidents et à maintenir un contrôle social efficace » (Sampson et Groves, 1989). Cette désorganisation renvoie à l’absence de normes communes entre les individus d’un même quartier.

L’on voit ici le défi de bien connaître les spécificités de son quartier et de ses habitants : le quartier est-il aisé ou défavorisé ? Hétérogène sur le plan ethnique ? Le renouvellement des résidents est-il rapide ? Les caractéristiques intrinsèques du quartier peuvent avoir un impact négatif sur la perception d’insécurité.


Diverses études ont montré que les perceptions de l’insécurité sont particulièrement marquées lorsque les signes de désorganisation sont perçus par le voisinage. C’est le cas notamment dans le cadre de désordres ou d’incivilités.


La théorie bien connue de la « vitre brisée - broken window » illustre bien ce fait (Wilson et Kelling, 1982). Une seule fenêtre brisée que l’on omet de réparer favorisera le bris d’autres fenêtres par la suite. Et l’on constate qu’une relation directe s’établit alors entre les perceptions d’insécurité et les désordres ou incivilités. Un environnement sain, respectueux des infrastructures et des personnes favorisera une perception plus positive de la sécurité et limitera pour une part l’augmentation de la criminalité.


Cette théorie a depuis lors été complétée par la théorie des infractions-signal et des désordres-signal (Innes, 2004) : les infractions et les désordres ont un effet relatif selon l’individu et le contexte, notamment le niveau de désorganisation sociale d’un quartier.

Autrement dit, une incivilité commise dans un quartier peut n’avoir aucun effet sur tel individu mais fonctionner comme un signal et accroître les perceptions de l’insécurité sur un autre individu.



Théorie de la vulnérabilité


Dans les diverses études sur le sentiment d’insécurité tant en Belgique qu’en Europe, on se rend compte que certains groupes socio-économiques se sentent davantage en insécurité que d’autres. C’est le cas par exemple de l’insécurité ressentie de manière parfois disproportionnée par les femmes ou par les personnes âgées par rapport au risque réel de victimisation.


Le genre, l’âge mais aussi l’état de santé ou le niveau socio-économique peuvent donc influer négativement sur le sentiment d’insécurité et la peur du crime, les personnes concernées se sentant plus vulnérables. Nous développerons ce point dans le prochain article.



L’approche situationnelle


Cette théorie ajoute une approche dynamique au sentiment d’insécurité : les perceptions d’insécurité d’un même individu peuvent varier selon le moment de la journée ou le lieu fréquenté.

Par exemple, une personne âgée se sentira moins en sécurité à la nuit tombante que durant la journée, dans un même quartier, même si dans les faits, les statistiques ne montrent pas plus d’agressions le soir que la journée.


Ici aussi des mesures de techno-prévention peuvent jouer un rôle non négligeable dans la réduction du sentiment d’insécurité et dans les comportements des personnes : voirie bien éclairée la nuit, lampes à détecteur de mouvement dans les sorties de cinéma ou restaurants, présence policière ou de stewards dans les transports en commun ou dans les rues, … une série de mesures peuvent donc être prises pour tenter de réduire les perceptions d’insécurité.



Bien connaître les caractéristiques d’un quartier, tant sur le plan social, économique et culturel favorise la mise en place d’une politique de sécurité proche du citoyen. Prendre en compte les perceptions d’insécurité selon les groupes et selon les situations peut aussi contribuer à obtenir plus de confiance dans les efforts de prévention.




Aline BEDYNEK

Licencié en journalisme

Commissaire de police

Académie Nationale de police

 

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