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Etre victime de violences ou de harcèlement moral ou sexuel sur le lieu de travail peut avoir des conséquences désastreuses. Les femmes en sont plus souvent victimes que les hommes. Comment peuvent-elles réagir face aux « abuseurs » ? Voici quelques conseils pour faire face.

Le harcèlement sur le lieu du travail peut revêtir diverses formes : sarcasmes, railleries, humiliations, intimidation, mépris. Le plus souvent, il s’agit de petites remarques, de regards, de non-dits ravageurs, de gestes anodins voire fortuits qui, séparément, ne semblent pas avoir une grande importance.

 

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Dans le harcèlement, c’est l’accumulation de petits faits qui finit par engendrer des conséquences désastreuses pour la personne qui en est victime.

 

 

Comment réagir ?

 

N’hésitez pas à adapter ces conseils à votre contexte et à votre situation personnelle.

 

 

Rester à l’écoute de vos réactions émotionnelles


Le harcèlement commençant souvent subtilement, la femme qui en est victime, peut ne pas en être immédiatement consciente. Pour éviter que ces « petites » transgressions quotidiennes n’amorcent une réelle dynamique d’harcèlement, il est capital pour elle, de rester à l’écoute des signaux d’alarme que lui donnent ses ressentis émotionnels : un malaise, une légère nervosité, un sentiment de colère ou de stress ,..

 

 

Prendre du recul sans culpabiliser


Une fois consciente, il importe pour la victime d’identifier froidement les comportements dérangeants avant qu’elle ne perde confiance.

Il s’agit pour elle de prendre du recul sans culpabiliser, sans douter de soi, sans croire qu’elle interprète mal les choses ou qu’elle les amplifie. La victime doit à tout prix envisager comment elle peut poser clairement ses limites plutôt que de les reculer

 

 

Réagir immédiatement et sans équivoque


Dès qu’une situation de harcèlement est vécue ou détectée, il est essentiel de (ré)agir très rapidement pour éviter des conséquences traumatiques (physiques, psychologiques, comportementales). D’après les études, une victime qui se borne à éviter un harceleur ou à faire comme si cela ne la touchait pas, risque de voir la situation s’empirer. Et les femmes harcelées sur le lieu de leur travail regrettent souvent, après coup, de ne pas avoir réagi plus tôt.


Le meilleur moyen de réagir est de rester en cohérence avec ses émotions. Il faut exprimer fermement et clairement votre désaccord avec le(s) comportement(s) désagréable(s) en question et que vous voulez que cela cesse. C’est une clé importante pour poser vos limites. Elle peut enrayer une situation de harcèlement.

  • Présenter la situation de façon factuelle, avec des arguments précis, des actes, des dates, si possible, des témoins

    « A tels moments (soyez précise) …. j’ai remarqué que tu regardais mes jambes »   « Lors de plusieurs échanges tant en réunion que lors d’échanges entre collègues (lesquels ?), je n’ai pu exprimer clairement mon avis car tu ne me laisses pas finir mes phrases. »

     

  • Exprimer ensuite votre ressenti envers le comportement dérangeant

    « Cela me met en colère » ; « Je ne me sens pas respectée » ; « Je me sens harcelée » ; « Cela me dégoûte. »

     

  • Réagir avec humour n’est pas une stratégie efficace à long terme. Votre langage non verbal se doit d’être en cohérence avec vos paroles. La difficulté consiste en effet à ne pas montrer à votre interlocuteur, l’emprise qu’il a sur vous.

    N’hésitez pas à regarder dans les yeux l’auteur de l’acte, en insistant sur votre non consentement

     

  • Vu l’importance de la situation, n’utilisez pas de formules de politesse ... Le tout est de parler avec détermination, avec l’intention d’être claire et de vous donner le droit de vous mettre en colère, s’il le faut.
  • Poser, au besoin, une question pour clarifier les propos de votre agresseur, pour lui demander des explications sans l’accuser…

    « Ton projet est à côté de la plaque » « Qu’est-ce que tu veux dire par « à côté de la plaque » ? » 

 

 

Faire une demande explicite et concrète


Lorsqu’on réagit en formalisant le comportement dérangeant, il faut poursuivre avec une demande concrète.

Dire ce que vous voulez est toujours plus efficace que dire ce que vous ne voulez pas : préférez « je veux être traitée avec respect » à « je ne veux plus que tu m’humilies devant tout le monde ».


Et surtout, il faut éviter de vous laisser entraîner dans de vaines discussion, explication, justification qui risquent de fournir des arguments pouvant être manipulés par l’harceleur.

 

 

Réagir devant des tiers


L’efficacité de la réaction dépend de sa détermination, mais également des circonstances dans lesquelles elle a lieu. Préférez réagir devant des témoins. Ils pourront être vos alliés le moment venu, si cela s’impose. Votre interlocuteur doit comprendre que vous avez les moyens de vous défendre et que vous ne vous laisserez pas faire.

 

 

Collecter les preuves


Courriers, e-mails, note interne, post-it, copies d’agenda, documents attestant d’une différence de traitement avec vos collègues… de même que tout témoignage, sont autant de preuves de ce que vous vivez. Elles vous seront indispensables en cas de procédure devant les tribunaux. Collectez-les dès que vous vous sentez harcelée et conservez-les précieusement.

 

 

Si la situation persiste


Prévenez verbalement ou par écrit, les acteurs de l’organisation. N’hésitez pas à leur demander des confirmations écrites.

  • Si l’organisation en a désigné une, adressez-vous à la personne de confiance, c’est-à-dire quelqu’un qui intervient dans la recherche de solution de manière informelle.
  • Prenez rendez-vous avec le conseiller en prévention, qui est spécialisé en prévention de la charge psychosociale au travail. En Belgique, c’est une obligation légale pour toutes les organisations, soit en interne, soit en externe.
  • Votre évaluateur, le responsable des ressources humaines, le médecin du travail, le représentant du personnel, …


Si la situation persiste, il vous sera dès lors possible d’envisager avec eux des solutions concrètes.

 

 

Michèle Orban, Chargée de veille stratégique

Thierry Deroua, Commissaire divisionnaire de police er, Trainer en attitude coachante

 

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