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Informer la famille du décès tragique d’un enfant ou d’un parent est une tâche délicate pour les professionnels concernés, policiers et assistants sociaux. Ces intervenants doivent se préparer de manière spécifique et, ensuite, l’annonce proprement dite du décès se fera progressivement. Nous en détaillons ici les différentes phases.

Après s’être présentés, les intervenants s’assureront que leurs interlocuteurs sont les plus proches parents du défunt. Ils prieront la famille de s’asseoir et feront de même. 
  

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Le décès doit être annoncé de manière simple et directe, avec chaleur et compassion.
L’un d’eux, prendra la parole et dira, par exemple, J’ai une mauvaise nouvelle à vous annoncer. Il marquera ensuite une courte pause pour permettre à la famille de se préparer psychologiquement et poursuivra : Votre parent, Monsieur/Madame X, est malheureusement décédé. Il ponctuera son propos d’une nouvelle pause, puis dira Je suis désolé.

Il fournira ensuite les informations sur le lieu, l’heure et les circonstances des événements. Il veillera à parler de la victime décédée au présent et non à l’imparfait ou au passé composé. 


L'intervenant prendra le temps d’accueillir les réactions émotionnelles des endeuillés (cris, pleurs, colère, agitation, sidération, ...). Il validera et normalisera ces réactions par des phrases simples telles que C’est difficile, c’est normal que vous réagissiez comme cela.


Il exprimera également son empathie
par le langage non verbal (buste penché vers ses interlocuteurs, hochement de tête, gestes, ton de voix apaisant, etc.) transmettant le message : Je vous écoute et je suis en phase avec ce que vous exprimez.


Il fera passer sa compréhension sans faire référence à lui-même. Les déclarations du type : J’imagine à quel point c’est éprouvant pour vous ou Je comprends à quel point cette situation vous fait souffrir peuvent être perçues positivement par une personne et négativement par une autre qui s’exclamera : Non, vous ne pouvez pas l’imaginer ! Vous ne pouvez pas comprendre ! Vous n’êtes pas à ma place.




Le choc initial passé, les proches poseront généralement des questions. L’intervenant répondra à leurs interrogations par les éléments factuels dont il a connaissance mais sans donner plus de détails que demandés.

Tout au long de la conversation, il nommera la personne décédée par son nom ou par son statut familial par exemple, Votre père, Votre sœur, Votre fils, etc. et il évitera les mots «corps», «dépouille», «cadavre» ainsi que les adjectifs «broyé», «déchiqueté», ou les termes techniques du jargon professionnel. .


Comment annoncer le décès à un enfant ? L’enfant doit être prévenu de la triste nouvelle par un adulte de son entourage, susceptible de le soutenir (parent, membre ou ami de la famille). Ultérieurement, il devrait avoir la possibilité, s’il le souhaite, de revoir et de s’entretenir avec cette personne. La mission des intervenants psychosociaux consiste à aider l’adulte identifié à se préparer à réaliser l’annonce.


Le décès doit être annoncé sans détour en utilisant des termes adaptés à l’âge de l’enfant, à sa maturité et à ses connaissances préalables. Si l’enfant a déjà été confronté à la mort (décès d’un grand-parent, etc.), l’adulte peut partir de cette expérience pour lui expliquer la situation. S’il utilise une expression telle que « monté au ciel » et qu’il en comprend le sens (la disparition définitive de la personne), il est conseillé de la reprendre.


L’ASBL « Espace Papillon » est joignable par téléphone. Elle offre un soutien aux parents d’enfants endeuillés et dispensent des conseils adaptés à la situation et à l’âge de l’enfant. Wallonie : 04/221.10.99


Rendre un dernier hommage au défunt est une démarche essentielle pour les proches d’une personne décédée. Les aider dans cette démarche leur procure le sentiment d’être respectés.


Dans la mesure du possible, les familles qui le souhaitent doivent avoir accès à la dépouille mortelle pour se recueillir et rendre un dernier hommage au défunt. Si les circonstances le permettent, c’est aux proches qu’il revient de choisir s’ils souhaitent ou non voir la dépouille mortelle. La famille doit être avertie lorsque cette visite est très pénible à supporter compte tenu de l’état de la victime. Contrairement à une idée largement répandue, voir le corps du défunt n’est pas une nécessité absolue.


Habituellement, c’est un membre du service d’assistance aux victimes qui accompagne les endeuillés auprès de la dépouille. Lorsque le corps ne peut être vu, l’intervenant doit s’informer de la manière dont un dernier hommage peut être rendu et y préparer l’endeuillé.


Après l’annonce du décès, les intervenants éviteront dans la mesure du possible, de laisser la famille seule. Un membre psychosocial de l’assistance aux victimes de la zone de police continuera à assurer le soutien de la famille à leur départ. Si pour une quelconque raison, cet appui ne peut être obtenu, ils solliciteront un voisin, un ami ou un membre de la famille de les relayer. Ils témoigneront de leur disponibilité et laisseront les coordonnées du service où les endeuillés pourront les contacter pour des informations complémentaires.

 


Evelyne JOSSE 

Psychologue, psychothérapeute

Avec la collaboration des services d’assistance aux victimes des zones de police de SECOVA et WAVRE.

Un manuel complet consacré à l’annonce d’une mauvaise nouvelle a été rédigé par la zone de police SECOVA. Plus d’informations auprès de Mme Anne Kilen, service du personnel, 04/364 22 63.

 

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