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Quelle devrait être l’approche générale du maître vis-à-vis de son chien, lorsqu’il s’agit de canaliser le comportement de l’animal, éviter qu’il ne soit agressif et pouvoir le maîtriser en cas de besoin ? Nous expliquons ce qu’est un chien, comment il est façonné par sa génétique, son environnement et l’éducation, et comment réduire les risques d’accident par agression.

 

0373 Chien Animalin


Gérer le comportement de son chien, pas sa personnalité


Les comportements d’un chien, c’est 60% de génétique et 40% de gestion éducative et environnementale. La personnalité d’un chien, c’est quasi 100% de génétique. C’est dire qu’on gère ses compétences et défauts plus qu’on ne "crée" son chien.


Si le chiot est assez façonnable, dès l’adolescence la génétique prend le pouvoir et la personnalité du chien commence à ressembler à un mélange de ses parents, avec les qualités et les défauts, avec les stratégies de réaction et les comportements instinctifs. Si l’on vise un chien de travail (chien d’intervention, de mondioring, de pistage, de garde, de berger…), il faut que les parents du chien soient compétents dans le type de travail souhaité ; si l’on recherche un chien de famille, il faut que les parents soient adaptés à la vie de famille. Mais bien souvent, le propriétaire acquiert un chien sans savoir s’il est de lignée famille ou lignée travail, voire lignée de beauté.


Comme le disait une propriétaire : j’ai acquis un border collie parce qu’il n’y a pas de mouton où j’habite, voulant dire : je sais que le border collie poursuit les moutons, donc s’il n’y a pas de mouton, il ne poursuivra pas. C’est se méprendre sur les instincts du chien : le border collie a l’instinct de poursuivre, mais pas du mouton ; dès lors il poursuit ce qu’il peut : moutons, joggers, vélos, voitures, balles, frisbees. A nous d’orienter ses poursuites sur objets tolérables.

Dès lors, au lieu de développer tous les potentiels de son chien, on finit par se contenter de gérer ses problèmes de comportement.


Comprendre et rencontrer les instincts du chien


Pour comprendre pourquoi un chien se comporte d’une certaine façon, il faut savoir que le chien est fait plus de génétique que d’éducation et socialisation. Sa génétique s’exprime à travers des petites séquences comportementales instinctives – qu’on appelle patrons-moteurs – qui se mettent bout à bout pour établir des comportements complexes. Si un chien fait quelque chose, c’est qu’il doit le faire, poussé par une motivation interne. Si un chien tourne sur lui-même, c’est qu’il doit tourner ; si un chien attaque, c’est qu’il doit attaquer. Une fois son besoin génétique satisfait, le chien peut aussi émettre le comportement par plaisir.

Si un chien agresse les autres chiens, c’est qu’il doit agresser parce que sa génétique de l’amour de la bagarre l’y contraint, et qu’il y trouve du plaisir et parce qu’il a gagné des combats, ou qu’il n’en a jamais perdu, son propriétaire l’empêchant d’aller à la bagarre.


Il faut donc satisfaire tous les comportements instinctifs de son chien : satisfaire ses besoins de 5 heures (en moyenne) d’activité par jour, ses 3 heures de mastication, ses besoins de se bagarrer, de poursuivre, de capturer, de courir, de trotter, sauter, etc. et tous ses besoins intellectuels (raisonnement déductif, discrimination…).


Comment socialiser son chien ?


Une fois les besoins du chien satisfaits, on peut lui apprendre à se comporter socialement, à gérer son plaisir de se bagarrer, d’insulter les autres chiens, de tourner en rond, de poursuivre les cyclistes, et tout autre comportement qui pose problème à ses propriétaires. Mais comment faire ? On ne peut pas interdire au chien de bouger, c’est frustrant et non respectueux, mais on peut par contre lui proposer des activités alternatives à ses comportements problèmes.


Par exemple, si un chien agresse les autres chiens, on doit satisfaire son besoin de se bagarrer – avec des chiens amis, dans des jeux de bagarre – et on peut rediriger son plaisir de se bagarrer quand il est promené en laisse en lui proposant de fixer son attention vers son éducateur, comportement qui sera récompensé fortement. En répétant cette procédure 1000 fois, le chien restera sous contrôle de son éducateur, sans frustration, et avec la joie de rencontrer les autres chiens.

L’approche générale du chien, c’est dans le respect de ses besoins et plaisirs instinctifs, tout en gérant ses comportements par des apprentissages alternatifs, sans changer le fond de sa personnalité, qu’il a héritée de ses parents. Pour avoir plus de chance de vivre avec un chien sociable et sans problème, il faut choisir un chiot de parents sans problème ; pour travailler avec un chien, il faut choisir un chiot de parents qui excellent dans le travail en question, et qui ne montrent pas d’autre défaut majeur de comportement.


Joël Dehasse

Docteur vétérinaire comportementaliste

 

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