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Comment sensibiliser les plus jeunes aux dangers d’internet, tout particulièrement en ce qui concerne les comportements sexuels tels que le sexting ?

Ensuite, comment aborder un thème parfois sensible où il est question non seulement de la sécurité de l’adolescent mais également de sa liberté et de son épanouissement personnels ? Afin de répondre concrètement à ces questions, il est nécessaire tout d’abord de rappeler la nature de ce phénomène, ensuite de relever les éléments les plus pertinents pour responsabiliser les jeunes et pour dépister/réagir efficacement lorsque ceux-ci deviennent victimes.

 

0355 Sexting Pexels-photo

 

De quoi parle-t-on exactement ?
A l’instar du selfie, le sexting est une pratique devenue de plus en plus fréquente aussi bien parmi les adultes que chez les jeunes, quel que soit le genre. Il s’agit de l’envoi ou de la réception de messages ou de contenus (photos, vidéos, etc.) sexuellement explicites entre deux personnes par le biais d’internet ou de son téléphone mobile.
Les scénarios les plus fréquents voient ces échanges survenir entre :
- deux personnes entretenant une relation de confiance/romantique où le «sext» s’inscrit uniquement dans ce cadre ;
- deux personnes mais le contenu est quant à lui partagé avec d’autres personnes ;
- deux personnes non liées par une relation mais l’une ou l’autre aspire à nouer cette relation. Le sext est alors un moyen d’attirer l’attention. Ce qui arrive notamment lors des premières rencontres offline et plus souvent lors des rencontres online vu le caractère désinhibant d’internet.

 

 

La part grandissante du virtuel dans les relations intimes entre ados
La plupart des jeunes sont en effet connectés en permanence et une grande partie de leurs activités online (travail, socialisation, jeux, etc.) les amène inexorablement à être d’une part, confrontés à la sexualité – et à en parler –, et d’autre part, à développer des relations virtuelles et vivre leurs corrélats (flirt, amitiés).
Le plus souvent, les jeunes se livrent au sexting pour attirer l’attention, par mimétisme social, comme alternative ou prémices à une activité sexuelle réelle mais les risques de dérapage existent : humilier/blesser quelqu’un ou obtenir des biens/services en échange.

 

 

Les risques d’abus bien réels
Si la pratique est compréhensible, les conséquences peuvent en être tout autrement. Dans le cadre des échanges de contenus explicitement sexuels – notamment lorsqu’un mineur se livre à la pratique – la diffusion ou la simple détention de ceux-ci peut en effet correspondre à de la production/détention de pornographie juvénile répréhensible pénalement.
Ensuite, quel que soit le destinataire – connu ou non –, le détournement de ces données intimes (photos, vidéos) est toujours susceptible de survenir. Ces risques peuvent se traduire entre autres par :
- La sextorsion : l’auteur menace la victime de diffuser le contenu – à grande échelle (médias sociaux) ou de manière ciblée (famille, professeurs, etc.) – en vue de retirer frauduleusement des biens (argent) ou services (relations sexuelles, etc.). Elle peut tout aussi bien être commise par une personne a priori de confiance (ami, ex-partenaire, etc.) que par des inconnus, souvent via des escroqueries online (sites de rencontres) ;
- Le harcèlement moral : l’auteur diffuse intentionnellement le contenu intime afin de blesser la personne ou de l’humilier publiquement ;
- La diffusion inopinée : par maladresse ou à son insu (hacking, phishing), les données sont diffusées sur internet.

Comprendre que le sexting relève naturellement du processus d’expérimentation chez le jeune et que la véritable problématique se situe principalement au niveau des risques d’abus, permet de faciliter la communication entre les parents et le jeune et donc de favoriser la responsabilisation de ce dernier tout en évitant son repli en cas de victimisation.

Dans le prochain article, quelques conseils utiles seront fournis tant à destination des parents que des écoles.

 

Sébastien Dormaels Master en criminologie

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